Anciennement Carnet de sourire

Respost : Écornés

Hey ! Aujourd’hui, suite au visionnage d’une vidéo de Lemon June, l’envie m’est venue de partager ici un vieil article de plus d’un an que l’on trouve sur mon carnet de sourires. Et oui, je flemasse, je reposte ! Il parle de bouquins, de pages cornées et c’est parti !

 

Il y a des livres en pagaille, presque trop lourds pour mes petits bras. Il y a les cadeaux de l’anniversaire en avance, il y a les nombreux achats. Il y a ma Bible sans laquelle je ne pars plus, il y a ce livre pour les cours, que je peine à finir. Il y aura peut-être celui-ci que j’aimerais lire après le concours, celui-là, juste pour l’avoir auprès de moi.
Parmi eux, certains ont vécu.

C’est un peu comme les gens, les livres. Il y en a qu’on a trimballés, ballottés un peu partout. Ils sont cornés ces livres, salis tout gribouillés. On ne peut plus les remettre en rayon dans une librairie. Ils ne sont plus aussi beaux qu’au début. D’autre sont restés soigneusement dans les étagères, ceux que l’on estime dignes d’être préservés du monde, et on prend plus de plaisir à les regarder qu’à les lire ceux là. On les observe juste pour la fierté de les avoir là.

On m’a toujours dit que c’était précieux un livre, qu’il ne fallait pas les abîmer, pas les corner, jamais. Ecrire dedans ? Sacrilège. Un livre, c’est un objet sacré.

Pourtant, plus je grandis et plus ça me plait, ces livres tout cornés, moches et abîmés. Ils me plaisent plus que les jolis, que l’on a laissé dans les étagères, qui font jolis et qui portent en eux le peu d’intérêt que nous avons à leur égard.
Un livre corné, c’est un livre vrai. Le livre corné, qu’on a trimballé, ballotté un peu partout, c’est un livre lu, relu : un livre dont on ne se passe plus. Ils sont tristes au fond ces livres qui laissent entendre qu’ils ont toujours gardé pour eux des beautés qu’ils renferment.
Je les aime, tu vois, les livres abîmés, annotés, livres pas parfaits. Ils sentent l’aventure de la lecture, ils sentent la vie ces livres. Ils sentent un peu nous, aussi. On le voit bien qu’on n’est pas le premier, on entre dans un bout de l’histoire humaine, si minime soit-il. On passe après quelqu’un, qui sait s’il n’y en aura pas d’autres après nous, à partager les secrets de cet ouvrage.
C’est plaisant, de lire un livre gribouillé des idées de quelqu’un d’autre. C’est un peu comme se plonger au fond de la tête d’un inconnu, au fond de la tête de deux inconnus en fait : l’auteur et son lecteur.
Lire un livre gribouillé, c’est un peu comme être spectateur de cette intimité entre deux pensés. Un peu dans la tête des deux, spectateur de cette relation interdite entre l’auteur et son lecteur. Lire un livre gribouillé, c’est comme en lire deux.

Les livres, ils sont un peu comme les gens. Ils portent leurs rencontres sur eux. Certains ont vécu, et leur vie les a un peu cornés. Ils n’en perdent en rien leur valeur, au contraire. Ils ont tout cet apport des lieux visités, des notes et des pensées qu’ils ont inspirées.

Les livres, ils sont un peu comme les gens, je les préfère un peu cornés, gribouillés.

Merci.

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Un peu de youtube

Alors voilà, il faut commencer quelque part, je commence donc ici.
Hier, j’ai demandé sur quelques réseaux si vous seriez intéressés par mes « feel-good things » pour ainsi dire, et pour l’instant, personne n’a eu l’air de refuser en bloc l’idée. Donc, comme j’avais quand même bien envie d’en parler, je me lance ici en douceur (enfin relativement) avec cinq chaines YouTube qui me plaisent particulièrement.
Elles ne sont pas des chaines que je regarde comme fond sonore pendant que je recopie des citations à la pelle, mais plutôt de celles que je me garde précieusement pour un instant bien choisi.

Je commencerai par présenter trois chaines de « réflexion », la première étant celle d’Esther. Il s’agit là d’une chaine de réflexions / développement personnel. Je dois avouer avoir toujours fui ce dernier thème, que ce soit sur internet ou en librairie, et je dois dire que mon avis sur la question n’est pas forcement très différent depuis le visionnage de la chaine.
Cependant, j’apprécie la variété des sujets abordés, du développement personnel en tant que tel, avec des astuces pour arrêter de procrastiner par exemple, en passant par le véganisme, et les traditionnelles vidéos de recettes que l’on trouve à la pelle sur YouTube. Mais il y est aussi question d’amour, de relations à l’autre, à soi, à son corps… Il est plutôt clair qu’Esther est assez proche des milieux féministes (pour ne pas dire militante, parce que j’avoue que je n’en sais rien), mais j’apprécie la liberté qu’elle s’évertue de donner à son auditoire. Il ne s’agit pas là de chercher à convaincre à tout prix, mais bien plutôt de montrer un angle peut-être un peu différent de celui dont on peut avoir l’habitude, appelant ainsi à la réflexion. C’est une chaine très agréable à regarder même lorsque, comme moi, on n’est pas d’accord avec tout et que l’on a tendance à s’énerver facilement quand il est question de certains sujet. L’auditoire n’est pas brusqué. J’apprécie enfin tout particulièrement les interventions extérieures qui peuvent avoir lieu sur cette chaîne puisqu’il ne s’agit pas toujours de personnes partageant en tout les mêmes idées et les mêmes points de vue qu’elle.

C’est d’ailleurs par une de ces vidéos (notez la transition) que j’ai découvert la chaîne suivante, celle d’Emy dite Antastesia. Il s’agit aussi d’une chaîne de réflexion, mais bien plus militante et « rentre-dedans » pour ne pas dire « agressive » que celle d’Esther. Nous sommes ici face à une féministe intersectionelle et végane. Ces deux thèmes reviennent très souvent (du moins dans les vidéos les plus récentes), mais il y est aussi question de voyages, ou de littérature. On peut dire, je crois que je suis bien loin de partager tous les avis d’Emy sur nombre de sujets, mais j’aime énormément la véhémence ce ces propos (sans doutes parce que je m’y reconnais), j’apprécie aussi le fait de voir beaucoup de vidéo en face caméra, en pyjama, comme des « pauses » dans une journée. On est ici bien loin des vidéos aseptisés de beaucoup de youtubeuses beauté même lorsqu’il s’agit de présenter des recettes de cuisine par exemple. Cet aspect me plait beaucoup, il donne l’impression de plus de vérité à mon sens dans le propos, que l’on partage l’avis de la youtubeuse ou non.
Là encore, bien qu’étant souvent tournées dans le but de convaincre, les vidéos donnent à réfléchir, que ce soit en accord ou en désaccord avec ce qui est présenté (là n’est pas la question). J’avoue ne pas regarder l’ensemble des vidéos très militantes, et ça n’étonnera pas ici ceux qui me connaissent ; mais j’aime énormément lorsqu’il est question plus calmement de littérature, de questions telles que le désir d’enfant, ou de réflexions autour de la sexualité et plus particulièrement de l’asexualité. Loin de moi l’idée de dire que les vidéos militantes ne sont pas intéressantes, et pour quelqu’un comme moi qui essaie malgré tout de me tenir le plus éloignée possible de tout cela, elles posent la question de la radicalité dans les opinions, de la mise en application des convictions, et en lien avec la chaine d’Esther, de la meilleure manière de convaincre l’autre : par l’attaque frontale, ou la discussion plus lente ? Je n’ai pas de réponse à apporter, mais il s’agit d’une chaîne que j’ai toujours grand plaisir à arpenter. Et qui, malgré les divergences d’opinions et les avis tranchés de sa propriétaire ne m’a jamais mise en rogne comme les réseaux ont pu le faire (il faut dire que je choisis soigneusement mes vidéos en fonction de mon humeur, malgré tout).

La dernière en ce qui concerne le « Life style » et les réflexions est une chaine dont j’avais déjà parlé par ici : celle de Laëtitia. Il s’agit là d’une chaîne plutôt écolo, zéro déchet, minimaliste tout ça. Elle me plait beaucoup d’une part parce qu’elle est là encore loin de beaucoup de chaîne très aseptisées que l’on peut trouver sur youtube, parce qu’elle est vivante et pleine de joie. Laëtitia nous emmène dans sa vie, que ce soit pour des vidéos « Vlog » chez elle comme elle a pu faire dans le passé où il ne se passe finalement pas grand chose, ou lors de voyages comme en Inde, ou au Brésil actuellement. J’aime beaucoup sa manière d’aborder les choses, très franche et un peu jusqu’au-boutiste. J’ai eu l’occasion lors de procrastinations acharnées sur Youtube de tomber sur plein de vidéos soit-disant minimalistes, expliquant que l’on peut vivre sans 25 paires de chaussure. Loin du scoop. Au contraire, ici, le minimalisme est poussé jusqu’au bout, à savoir que Laëtitia ne possède plus rien que son sac à dos avec lequel elle est actuellement en tour du monde. Non pas que je pense qu’il faille nécessairement tout plaquer pour entrer dans une telle démarche (ni même qu’il faille y entrer, d’ailleurs) mais j’aime bien entendre les gens qui sont allés au bout d’un sujet. Outre l’aspect écolo de la chaine, on y trouve des vidéos de réflexions là aussi, de voyages comme je l’ai dit, et beaucoup de vidéos dans lesquelles il est question de bouquins. Bref une chaine un peu fouillis parfois, dans laquelle il fait bon fouiller de temps en temps.

En parlant de livre, j’aimerais bien te parler de deux autres chaines, qui elles sont vraiment des chaines doudou, qu’il fait bon regarder enveloppés dans un plaid, sirotant une quelconque boisson chaude à la cannelle.

Je veux d’abord parler de la chaine de Lemon June. Je l’ai découverte il y a peu, et je ne crois pas qu’elle ait beaucoup plus d’un an. Il s’agit d’une chaine littéraire pleine de peps dans laquelle on nous parle aussi bien de classiques que de mangas. J’aime beaucoup ce type de chaines, et surtout ce type de mélange : comme quoi on n’est pas obligé de se restreindre à un seul type de littérature. Il est bon de voir des gens parler bouquins (et surtout parler « classiques ») avec autant d’entrain. Je me dis, avec un fond d’espoir peut-être que ça peut en conduire certains vers le plaisir de la lecture, ou même en recondruire d’autres comme cela a un peu été mon cas.
Ne connaissant pas la chaine depuis très longtemps, je n’ai pas grand chose à en dire. On est face à une jeune femme qui parle bouquins avec le sourire, sans style trop soutenu, Dieu merci, sans snobisme et qui parle avec le coeur et ça fait du bien. Il n’y a rien de pire à mon sens que de parler d’un classique (et d’un livre en général) sans entrain, en en faisant une analyse froide. En tous cas, on est presque certain de me dégouter. J’aime les gens qui parlent de livres qu’ils aiment ou pas, mais qui en parlent avec leurs tripes, bien que cela n’empêche pas de garder une certaine analyse et impartialité. On retrouve tout cela sur cette chaine doudou qui donne envie d’ouvrir plus de livres.

Pour finir, j’aimerais parler de LA chaine doudou par excellence. Il s’agit de celle de Margaud, une jeune maman qui nous parle bouquins dans son fauteuil devant une bibliothèque plus que remplie. Elle est libraire, et sait donc vraiment donner envie de lire les livres qu’elle a aimés. Il est beaucoup moins question de classiques que sur la chaine précédentes, et c’est très bien : j’avais justement besoin d’un angle d’attaque pour m’en sortir un peu. L’ambiance est chaleureuse, toute douce, elle me donne vraiment envie de me faire un bon thé et de m’enrouler dans ma couette. Il y est aussi question de vidéos « organisation » que mon coté voyeur aime tout particulièrement, ainsi qu’une catégorie qui me plait beaucoup : les renardises, dans laquelle il s’agit de présenter tout ce qu’elle a aimé qui ne ressemblait pas à un livre, allant ainsi du maquillage aux séries Netflix, toujours dans le même fauteuil, devant la même bibliothèque me faisant, je l’avoue, mourir d’envie.

Merci donc à toutes ces vidéastes pour les bons moments passés devant leurs vidéos !

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Parlons peu parlons trucs

Elles ont été très agitées, tu sais, ces dernières semaines. Pour la petite marmotte routinière que je suis, ça n’a pas été bien facile de m’y retrouver au milieu de tout ce chamboulement de trucs et de bidules. Pour tout dire, j’étais bien fatiguée quoi. Et je crois que je le suis encore un peu.
Je ne l’ai pas vu passer mon mois de janvier. Tout est allé trop vite, beaucoup trop, et au milieu du trop vite, je n’ai pas su prendre le temps de les écrire mes sourires.
Il y a eu cette homélie, qui a commencé par les paroles d’une chanson popu, comme pour mettre un peu de Corine dans ma messe, il y a eu le départ du cousin, les câlins, les au-revoirs, il y a eu la fierté pour cet autre, les cris dans les manifs, les rires, les amis, le tourbillon de bouquins que je n’arriverai jamais à finir, il y a eu une rencontre, La rencontre, les hauts et les bas, la motivation qui s’échappe un peu parfois… Et au milieu de tout ça, quelle place pour le doux du quotidien à écrire ?
Pas bien grosse tu vois…

Mais aujourd’hui, j’ai bien envie de blablater un peu ici. Juste comme ça, de toi à moi. J’ai bien envie de te parler de ce que j’ai lu, de ce que j’ai regardé un peu aussi, pour essayer de me poser un peu, au milieu de ce mois de janvier bien trop mouvementé.

J’ai commencé l’année au fond d’un lit, avec un bouquin pas bien gros.
L’Histoire de l’œil de Georges Bataille.
Il s’agit de l’histoire d’un jeune homme qui raconte au lecteur les débuts de ses expériences érotiques (doux euphémisme). Je n’ai aucune envie, je dois bien le dire de décrire ici les diverses perversions auxquelles il s’adonne… Âmes sensibles s’abstenir du moins. Je crois qu’il collait bien avec mon esprit pas bien joyeux du moment. Il ne s’agit en effet pas réellement (pas du tout, même) d’un récit adolescent et insouciant. La perversion du narrateur est présente si ce n’est dès la première, du moins dès la deuxième page, et ce n’est que le début du tourbillon dans lequel il nous entraine.

J’ai continué avec une nouvelle de Julio Cortazar, Les fils de la vierge.
Il s’agit de la nouvelle dont Antonioni s’est inspiré pour Blow Up. La nouvelle ne fait qu’une petite trentaine de pages et Antonioni a étoffé l’histoire, ainsi que le caractère du personnage principal.
Bref, il s’agit de l’histoire du narrateur, un photographe, qui, regardant les clichés qu’il a pris d’une scène dans la rue, réalise qu’il n’a en fait pas photographié ce qu’il pensait au premier abord. La nouvelle elle même est construite autour d’un flou narratif assez étonnant (je ne sais pas ce que ça donne en espagnol). Les personnes grammaticales sont entremêlées, on ne sait plus très bien qui parle de quoi comment. Le lecteur est finalement pris dans ce qui semble être le flou même de la pensée du narrateur ne sachant lui-même pas très bien où il en est. Une très belle réflexion sur la technique photographique, le réel, l’irréel et nos représentations. Je recommande chaudement !

Toujours chez Cortazar, j’ai décidé de ne pas m’arrêter en si bon chemin, et j’ai enchainé avec la nouvelle Lettres de maman. L’auteur laisse toujours son lecteur sans un certain flou interprétatif, et l’on suit finalement la correspondance hebdomadaire entre un fils et sa mère. Petit à petit, les lettres prennent une tournure inquiétantes du fait de quelques erreurs, et un malaise s’installe entre les personnages. L’auteur reconstruit alors les vies des personnages et de leurs familles dans cette atmosphère bien peu sereine.
Une nouvelle que j’ai encore beaucoup appréciée et il est fort probable que je n’abandonne pas Cortazar de si tôt !

Je pourrais enchainer sur mes lectures ciné pour le mémoire, mais je crains d’en avoir bien peu à dire.
Je ne peux en revanche pas parler de mon mois de janvier sans évoquer Devilman Crybaby sorti je ne sais pas très bien quand (bien renseignée, je sais) sur Netflix. Il s’agit de l’adaptation modernisée du manga Devilman sorti dans les années 70. Je n’ai pas lu le manga, ni vu la première adaptation, mais je peux dire que celle-ci a été une grande claque dans la face, et que je ne regrette pas une seule seconde de m’être une fois de plus laissée influencée dans mon choix de série à dévorer.
Je ne saurais trop en dire sans dévoiler le fin mot de l’histoire. On suit deux personnages, Akira et son ami Ryo, dans un monde où coexistent humains et démons. Ces derniers n’ont d’autre volonté que celle de nuire et d’être toujours plus puissants. Pour cela, ils fusionnent avec des animaux toujours plus puissants, jusqu’à prendre possession des humains. Contrairement à eux, ils n’ont pas de cœur. L’animé raconte alors cette lutte d’un prétendu bien contre le mal, sans manichéisme aucun. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas ce que l’on appelle communément une série « doudou ». On serait bien en peine de démêler le bien du mal dans cette histoire. Tout ce que je dis ici est bien caricatural, et je ne saurais que trop conseiller chacun d’aller y jeter un œil. (Ou même plusieurs.. Moi-même, je ne garantis pas de ne pas y revenir dans les prochains mois !)

Merci !

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L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches, j’ai ma dignité moi.

Attention : cet article contient des spoils qui n’enlèvent rien à mon sens à la beauté du livre, mais si tu veux découvrir le Voyage au bout de la nuit par toi-même, passe ton chemin !

Voyage_au_bout_de_la_nuit.jpgEt je restais, devant Léon, pour compatir, et jamais j’avais été aussi gêné. J’y arrivais pas… Il ne me trouvait pas… Il en bavait… Il devait chercher un autre Ferdinand, bien plus grand que moi, bien sûr, pour mourir, pour l’aider à mourir plutôt, plus doucement. Il faisait des efforts pour se rendre compte si des fois le monde aurait pas fait des progrès. Il faisait l’inventaire, le grand malheureux, dans sa conscience… S’ils avaient pas changé un peu les hommes, en mieux, pendant qu’il avait vécu lui, s’il avait pas été des fois injuste sans le vouloir envers eux… Mais il n’y avait que moi, bien moi, moi tout seul, à côté de lui, un Ferdinand bien véritable auquel il manquait ce qui ferait un homme plus grand que sa simple vie, l’amour de la vie des autres. De ça, j’en avais pas, ou vraiment si peu que c’était pas la peine de le montrer. J’étais pas grand comme la mort moi. J’étais bien plus petit. J’avais pas la grande idée humaine moi. J’aurais même je crois plus facilement senti du chagrin pour un chien en train de crever que pour lui Robinson, parce qu’un chien c’est pas malin, tandis que lui il était un peu malin malgré tout Léon. Moi aussi j’étais malin, on était des malins… Tout le reste était parti au cours de la route et ces grimaces mêmes qui peuvent encore servir auprès des mourants, je les avais perdues, j’avais tout perdu décidément au cours de la route, je ne retrouvais rien de ce qu’on a besoin pour crever, rien que des malices.

On ne peut pas dire que je te parle de choses joyeuses en ce moment. On ne peut pas non plus dire que j’ai choisi le meilleur auteur pour un article « émotion ».
C’est vrai. J’aurais pu choisir Hugo, Zola, Balzac, Proust même… Mais non. Il a fallu que mon passage préféré de la littérature française (le peu que j’ai lu, oh, calme toi !) ait été écrit par Céline. L’écrivain nazi, qui a fait bondir certains khâgneux de ma « génération », d’aucuns qualifiant ses écrits de vomi. Oui. Céline était antisémite. C’est le moins que l’on puisse en dire, mais ce n’est pas de l’homme que je veux parler, mais des écrits. Antisémites eux aussi, me dira-t-on. Certains, il est vrai. Par chance, ce passage ne l’est pas. C’est lui dont je voudrais te parler aujourd’hui.

J’avais quelque chose comme 19 ans quand j’ai lu (ou plutôt que je me suis fait lire) le Voyage au bout de la nuit. C’était pour la khâgne. Je ne crois pas avoir remarqué ce passage en particulier, mais je me rappelle avoir aimé la langue de bouquin. C’était juste après La condition humaine et ça contrastait avec La princesse de Clèves et Le Rouge et le noir. J’en avais un peu marre alors, des histoires d’amour impossible. Elles ne me mettaient plus dans le même émoi qu’au début de cet été entre mon hypokhâgne et ma khâgne. Malraux et Céline sont tombés à pic.
En le relisant pour les cours, ce passage m’a particulièrement touchée. Au delà de l’apparente froideur de Ferdinand, incapable de compatir à la mort de son acolyte, j’ai lu, peut-être à tort (mais je ne crois pas), la détresse d’un homme face à ce qui le dépasse.
C’est vrai quoi, c’est grand, la mort. Ce n’est pas beau, ce n’est pas joyeux, mais c’est bien plus grand que nous. Peut-être me suis-je alors un peu sentie comme Ferdinand, bien trop petite face à tout ça.
J’ai été profondément remuée à la lecture de ce passage, et, encore aujourd’hui, alors que je l’ai lu et relu, je retiens toujours une larme. Il parait si froid, Ferdinand, durant son périple. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le genre humain n’est pas épargné. Mais pas ici. Ou moins. J’ai eu comme l’impression d’un craquement.
Il commence un peu fanfaron, avec ses grandes phrases sur l’amour, les caniches, l’armée… Pour finalement s’y retrouver, à l’armée. Et j’ai eu la sensation qu’il allait de désillusion en désillusion, qu’il n’était pas parti avec une si mauvaise image de l’homme que ça, finalement. Mais la guerre, l’épisode africain (la colonisation), ça n’aide pas vraiment à avoir une belle image de l’être humain.

Le lecteur est plongé d’entrée de jeu dans un univers très particulier : Ferdinand nous raconte ses voyages entre France, Afrique, Amérique,  mais aussi son voyage « intérieur » pour ainsi dire. Nous assistons certes à chacune ses désillusions sur l’être humain au fur et à mesure de ses rencontres, et le français argotique renforce cette sensation un peu cradingue qui colle à la peau à la lecture. Le but n’est clairement pas de plonger le lecteur dans un monde enchanté. Presque comme si Ferdinand voulait mettre son interlocuteur en garde. C’est cru, et il n’y va pas par quatre chemins. Il ne s’agit pas de nous vendre une réalité embellie, ce qui peut rendre la lecture un peu ardue. Pourtant, au milieu de ses désillusions, Ferdinand a aussi l’occasion de croiser le bien, dans le sacrifice de certains personnages, tout entiers dévoués à l’autre. Ils sont pourtant bien rares.
Pour l’accompagner au milieu de la crasse humaine, il y a Robinson, Léon dont la mort constitue, je l’ai dit, un de mes passages préférés. L’incapacité humaine à compatir à la mort d’autrui à la hauteur de ce qu’autrui espérait, et la tristesse, quoi qu’on en dise du personnage m’émeuvent comme rien ne m’a émue auparavant. Beaucoup ont pu y voir l’égoïsme d’un homme, même pas capable d’être triste de la mort de son compagnon de route, et je ne peux m’empêcher de lire au contraire, une profonde détresse, une grande impuissance. Ferdinand, il est vrai ne s’apitoie pas sur son avenir sans cet ami, il ne s’agit pas de se demander comment vivre sans lui. Il n’est pas question de la tristesse égoïste mais légitime de celui qui reste et doit apprendre à vivre sans l’autre. Il s’agit d’abord d’un aveu d’impuissance. L’incapacité à aider l’autre à mourir comme il aurait voulu, comme chacun des deux aurait voulu. Il n’est pas question d’aller contre la mort, Ferdinand est médecin, et il sait bien que c’est la fin. Il a fait ce qu’il a pu. Je crois que l’impuissance décrite ici est bien plus grande que l’incapacité à arracher l’autre des bras de la mort. Bien plus grande, et bien plus infime. La dernière des impuissances. En plus de n’avoir pu le sauver, Ferdinand ne sait pas l’accompagner. Il ne sait que faire face à ce trop-grand qu’est en train de vivre son ami. Le dernier grand événement de sa vie. Et j’ai l’impression qu’il le sent, Ferdinand, que quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, il sera toujours bien incapable de compatir. On ne sait pas, tant qu’on ne meurt pas, ce que c’est que de mourir, mourir vraiment. Il a été malade pourtant, Ferdinand, il l’a vue de près, la mort, mais c’est pas pareil. Ce n’était pas vraiment le dernier grand moment.

J’aime ce passage, sans savoir expliquer pourquoi. Il me prend au tripes, peut-être parce que je sens qu’à la place du personnage, j’en serais bien incapable moi aussi, de compatir à la hauteur. Peut-être parce que moi non plus, je ne saurais pas, même sans avoir tout perdu au cours de mon voyage.

Merci à ma prof de khâgne de nous avoir merveilleusement fait découvrir ce live.
Merci à Céline de l’avoir écrit.

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Monster – Naoki Urasawa

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D’abord, Monster, c’est un manga de Naoki Urasawa paru au japon entre 1994 et 2002 (entre prépublications et fin de la publication en volumes reliés).
Mais c’est surtout, je l’avoue, le seul que j’ai lu.

Je crois que j’avais entre 8 et 10 dans, quand, alors que j’arrivais dans le bureau de mes parents pour leur dire bonne nuit, j’ai vu des images de l’animé qui en a découlé. Il y avait des hommes, le regard vide, qui perpétraient des actes atroces. Dit comme ça, ça ne fait pas vraiment envie, il est vrai. Mais j’en étais comme fascinée. J’ai dû en voir plusieurs extraits, et cet animé n’a cessé de me fasciner.
Bien vite, j’ai trouvé les quatre premiers tomes dans la bibliothèque parentale. Le premier me fascinait en raison d’une vignette sur laquelle on pouvait voir une opération du cerveau. (Les opérations en tout genre me fascinaient alors.)
C’est ainsi qu’a commencé ma folle (j’en fais peut-être beaucoup) épopée au cœur de cette histoire. Lire la suite « Monster – Naoki Urasawa »

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Le Château ambulant – Hayao Miyazaki

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Il faut bien commencer par le dire : Miyazaki et moi, c’est une histoire d’amour de longue date.
Aussi loin que je me rappelle, je l’ai toujours connu. Ça a dû commencer avec Mon voisin Totoro aux alentours de mes quatre ou cinq ans — mes parents vous diraient ça mieux que moi — pour ne plus jamais s’arrêter. J’ai regardé avec plaisir Princesse Mononoké qui doit être une de mes histoires préférées, j’ai eu peur (longtemps) du Voyage de Chihiro à cause de ce monstre horrible qui mange tout avec son ventre (a-t-on seulement idée ?). Je me souviens beaucoup plus vaguement de Kiki la petite sorcière, du Royaume des chats, de Porco Rosso et du Château ambulant. Je les ai moins vus, et ils ont certes moins marqué mon enfance, mais je ne les en aime pas moins. Il y a aussi Nausicaa et Le château dans le ciel dont je me souviens finalement assez peu, sans parler de ceux que j’ai pu voir sur le tard comme Arrietty et Ponyo sur la falaise.
Il y en a sans doute que j’oublie, et tout autant que je n’ai pas encore vus. (Depuis la fin de Harry Potter je ne suis plus de ces fans qui accourent à chaque sortie, j’aime bien prendre mon temps.)
Les bases étant posées, il est temps de t’en parler.
Hier soir, alors que je me sentais un peu chafouine pour tout te dire, j’ai décidé de regarder ce dessin animé qui n’a plus forcément l’innocence de Totoro, et dont je me souvenais assez peu pour pouvoir y découvrir encore quelque chose.

J’ai très vite été prise dans l’histoire de Sophie, une jeune vendeuse de chapeaux qui, après une rencontre avec le célèbre magicien Hauru, puis avec la terrible sorcière des Landes va se retrouver transformée en vieille dame. Il lui est impossible de révéler le sortilège de la sorcière et c’est la raison pour laquelle Sophie décide de quitter la boutique familiale. Elle se dirige alors vers les Landes où elle rencontre un étrange épouvantail, avant de retrouver Hauru dans son château ambulant.

J’ai été frappée par la douceur qui règne dans cet animé malgré la guerre qui fait rage hors du château magique et à laquelle le magicien prend part.
La solidarité entre les habitants de la bicoque (qui, disons-le, ressemble plus à un bric à brac qu’à un château), leur esprit de corps ainsi que leur ouverture m’ont beaucoup touchée. J’ai beaucoup aimé voir tous ces personnages si différents réunis sous la protection de Hauru et du foyer de cette maison : le petit démon Calcifer.
Cette famille est finalement à l’image de son habitation : un bric à brac de personnes ramenées de ci et de là avec leurs forces et leurs faiblesses. Chaque nouvel arrivant — pour peu qu’il ne s’agisse pas d’un sorcier — est le bienvenu et c’est ce qui m’a le plus touchée. Chacun se met en quatre pour que tous les autres se sentent bien, et une fois embarqués à bord du château, chaque membre a une place à part entière au milieu de cette famille. Nul besoin de faire ses preuves.
J’ai beaucoup aimé cette atmosphère chaleureuse ainsi que cet amour entre des personnes aussi diverses, et malgré les malheurs au dehors. Cette chaleur, finalement, les protège tous de l’adversité ; et je crois que ce n’est pas pour rien si le petit feu, Calcifer, est le garant de la protection et de l’unité de cet agencement a priori bancal de pièces et de personnes.
Plus qu’une histoire d’amour entre deux jeunes gens, j’y ai vu une histoire d’amour entre tous, et pour tous. L’histoire d’une solidarité presque au sens premier du terme, puisque si l’un flanche, tout flanche ; l’histoire d’une chaleur non feinte. Il ne s’agit pas ici de « créer du lien » : les liens sont là à partir de l’instant où l’on se retrouve embarqué dans l’aventure.
J’ai aussi beaucoup aimé le fait qu’il n’y ai rien de mielleux dans cet amour familial entre les personnages. Aucun n’est parfait, et chacun a ses petits manquements, qui sont invariablement corrigés par les autres.

Bref, il a s’agit pour moi du film doudou par excellence, abordant tout ce dont j’avais alors besoin (qui sait, peut-être ai-je vu tout ça parce que j’en avais justement besoin !). Quoi qu’il en soit, ce film m’a fait un bien fou, et je dois même avouer avoir versé ma larmichette à la fin.
Du tout bon donc pour ce re-visionage (mais Miyazaki ne m’a jamais déçue !).

Merci !

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Chanson douce – Leïla Slimani

Commençons par le commencement :

Il s’agit de l’histoire d’une famille tout ce qu’il y a de plus classique cherchant une nounou après l’arrivée du petit deuxième. Et il semble qu’ils trouvent LA nounou parfaite. Jusqu’au jour où…

Le livre raconte l’incrustation progressive de la nounou au sein d’une famille de classes moyennes. On y découvre les rapports sournois entre deux mondes qui se rencontrent le temps de se confier les enfants. Le lecteur, contrairement aux parents, est confronté au monde de Louise, la nounou et peut alors mesurer le décalage entre les deux univers. J’ai été frappée par les maladresses (pour ne pas dire plus) des parents quand ils lui parlaient. Ce n’est pas ce qui a pu ressortir en priorité de ce que j’ai pu lire / entendre du livre, mais c’est vraiment ce qui m’a le plus frappée. Bien plus que l’ambiance qui se veut a priori pesante, mais n’a finalement absolument pas freiné ma lecture.

On n’est clairement pas dans un roman « cocooning », l’ambiance n’est pas particulièrement aux plaids et autres cappuccino, mais j’ai passé un très bon moment avec ce livre. Le genre qu’on a envie d’avancer en espérant qu’ils ne se finissent pas lors même que l’on désire connaitre la fin à tout prix, tu vois ? Il m’a accompagnée une grosse semaine, et ce fut une semaine plutôt agréable en sa compagnie. J’avais plaisir à le retrouver le soir en rentrant de la fac, et du mal à le lâcher au moment d’aller dormir. C’est finalement tout ce dont j’avais alors besoin.

Bref, ce n’est certainement pas le genre de lecture légère doudou, mais elle vaut le détour !

Anciennement Carnet de sourire·Lectures

Marcel

J’ai ouvert Du coté de chez Swann à 17 ans à peine, avec une sorte d’air de défi envers un géant invincible, refusant de me laisser mettre à terre par un livre.
Pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’impression d’être véritablement confrontée à beaucoup plus grand. J’ai lu avec émotion (et non sans une certaine déception) le passage de la madeleine. À ce moment là, je me suis dit « On y est, il est là », et je crois même avoir versé une larme. J’en avais toujours entendu parler ou presque, de cette « madeleine de Proust », et j’avais comme l’impression de revenir aux origines. J’ai été aussi émue que devant des livres datant de plusieurs siècles, qui ont traversé les âges et sont passés de mains en mains avant d’atterrir dans les miennes. Mais en même temps que cette excitation de lire un si grand passage de la littérature française, je me rappelle avoir pensé « ce n’est donc que ça, la madeleine ? » Reste que l’émotion demeurait.

Je me suis laissée embarquer ensuite dans la vie de ce petit garçon un peu fragile au milieu d’une famille bourgeoise, de l’insolence de Gilberte Swann, des promenades, de la lecture — quoi de plus beau qu’un auteur qui écrit parfaitement ce que l’on ressent en le lisant ? — de Françoise et ses asperges qui m’ont beaucoup marquée, la tante Léonie, et Combray, devenu presque un lieu de pèlerinage.
Je l’ai ensuite laissé de coté, entre ma terminale et ma prépa. Je n’avais plus le temps, et notre relation a changée, je crois.

J’y retourne maintenant quatre ans plus tard, un peu loin de cet enthousiasme de l’époque, et sans y voir véritablement ce que j’avais pu y trouver alors. Elles m’agacent parfois, les manières de cette famille bourgeoise, face à Monsieur de Norpois et j’ai envie de prendre sous mon aile le jeune Marcel tant ses parents m’énervent parfois. Pourtant, je retrouve cette musique que je reconnaitrais entre mille, une musique rassurante, douce et presque enfantine. Je retrouve avec plaisir les phrases trop longues, les parenthèses interminables et je me perds dans les mots d’un auteur adoré.
Il est vrai que je n’ai pas autant de facilité à le lire que j’ai pu en avoir pour les précédents ouvrages que j’ai dévorés cette année, et j’ai envie de lire mille choses en même temps, pourtant elle est plaisante, la langue de Proust qui me rappelle un été entre première et terminale à lire sans relâche les aventures de ce Petit Narrateur dans une famille qui semble parfois trop fermée pour lui. Elle me rappelle aussi ces heures à en parler avec un enthousiasme non dissimulé, à qui me disait n’avoir jamais pu dépasser la description des clochers. Je me rappelle de ces cadeaux pour mes 18 ans d’amis-inconnus, rencontrés sur le grand-internet : Proust et les signes de Deleuze, et Proust et le roman de Jean-Yves Tadié. Je me rappelle que je ne voulais pas les lire avant d’avoir fini La Recherche et de fait, je ne les ai toujours pas lus. Je peux être têtue.
Et dans ses mots, il y a un peu de ma prépa aussi, le chaud au coeur quand le professeur adoré en parlait en cours de philosophie, le bonheur de reconnaitre des petites phrases au milieu d’une bibliographies, au son de sa langue dans ma tête.

Marcel et moi, tu vois, c’est comme une vieille amitié. On s’est connus, et c’était plutôt intense comme début, on s’est perdus de vue pour mieux se retrouver. La relation a changé, mais c’est toujours pleine d’amour que je retourne me perdre dans un tourbillon de mots beaucoup plus grands que moi, comme pour la première fois.

Merci !

Anciennement Carnet de sourire·Lectures

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, c’est d’abord un livre que j’ai acheté au cours de l’an dernier après l’avoir vu un peu partout sur les réseaux.
Il y a un peu plus d’une semaine (huit jours pour être exacte), je me suis dit qu’il était temps de le commencer et je ne me doutais pas de l’aventure dans laquelle je m’embarquais !
Qu’en dire ? L’histoire de l’écriture d’un livre, de l’impossibilité de l’écrire, une histoire d’amour, une enquête policière pleine de rebondissements. Aux alentours de la page 200, on est certain d’avoir le coupable, on l’est toujours 300 pages plus tard, tenus en haleine jusqu’à la fin.
Roman addictif s’il en est. Je dois dire que j’ai eu bien du mal à le lâcher et même au meilleur de ma forme pour mes lectures d’été, je n’ai jamais lu autant. Je crois que si ce roman m’a tant plus, c’est qu’il a signé ma réconciliation avec la lecture, et Dieu sait qu’elle a été difficile ! Il s’agit je crois du premier livre que je dévore depuis bien longtemps, et il n’y a pas à dire, ça fait du bien.

On remarquera que je ne suis pas très forte pour parler bouquins, j’ai toujours peur de trop en dire, et ce serait vraiment dommage, surtout pour un livre dont le suspens est franchement bien maîtrisé alternant entre passages plus calmes et vif du sujet ; surtout quand il s’agit d’un entremêlement de tant d’histoires qui se croisent, se chevauchent, se séparent, se mélangent… Tant et si bien que j’ai l’impression que chacun peut y trouver son compte.
On me demande parfois quel livre je conseillerais absolument, et c’est toujours une question très difficile. Je ne crois pas qu’il y ait des livres « absolus » qu’il faut avoir lus qui que l’on soit et quoi que l’on aime. Je n’ai jamais vraiment eu de « must read » universel, mais j’ai l’impression que, sans en faire un indispensable, on est face à un livre qui peut-être conseillé à tout le monde ou presque, du lettreux plutôt classique dans ses gouts à l’amateur de contemporain, ou même au lecteur moins acharné (comme j’ai pu l’être). Un bon page tuner en somme. Enfin, prévenons tout de même : pour ceux qui lisent lentement comme moi, prévoyez quand même quelques jours de temps libre en autarcie quasi totale (provisions tout ça) : bien qu’il soit long on ne le lâche pas. C’est presque une lecture qui s’anticipe, question de logistique.

Bref, un peu plus de 800 pages de bonheur à dévorer qui m’ont réconciliée avec la lecture, et rien que pour ça, j’ai envie de dire : merci Joël Dicker !

Anciennement Carnet de sourire·Lectures

Mon chat le plus bête du monde – Gilles Bachelet

Celui-ci, je l’ai vu pour la première fois chez Page et Plume, La librairie de ma ville. J’y étais allée entre midi et deux pour m’acheter ce qui allait devenir mon bullet journal. (Je me laisse décidément beaucoup trop avoir par tout ce que l’on peut trouver sur internet, mais là n’est pas le sujet).

Il s’agit d’un album jeunesse. J’aime bien, les livres pour les petits en ce moment. Ils me changent des gros pavés pour les grands cultivés dont j’ai été abreuvée durant ces trois dernières années.
Je l’ai lu, intriguée par la couverture. Il est rare que je me laisse prendre ainsi dans un album, mais de page en page, je me suis retrouvée à la fin de l’ouvrage sans avoir eu le temps de dire ouf. Entre temps, j’ai souri, j’ai ri aussi. Mais je ne l’ai pas acheté. Pas tout de suite.
J’y suis revenue quelques semaines plus tard, en plein milieu du concours, et ma volonté étant dédiée aux révision, je n’ai pas su résister : je l’ai acheté. Le relire est ma foi rapide, et l’histoire pas bien compliqué. J’aurais pu m’en souvenir, pourtant celui-ci, j’en avais envie.

Il s’agit en effet de l’histoire d’un maître et de son chat des plus particuliers : il suffit de voir la couverture ! (Je n’en dirai pas plus).

Il m’a fait rire ce livre, vraiment rire. Je n’arrive même pas vraiment à me dire pourquoi il serait vraiment pour enfants. Il m’a plu, vraiment. Il ne m’a pas plu avec un regard d’adulte attendrie devant une lecture pour petits, non. Il a plu à ma grande moi.

Alors voilà, son chat est vraiment le plus bête du monde.

Merci (à Gilles Bachelet)

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